Warfarine et vitamine K : Comment maintenir une alimentation constante pour un INR stable
Maxime Dezette 10 janvier 2026 0 Commentaires

Calculateur d'apport en vitamine K

Ce calculateur vous aide à suivre votre apport quotidien en vitamine K pour maintenir un INR stable. N'arrêtez pas de manger des légumes verts, mais assurez-vous que votre apport reste constant chaque jour.

La recommandation idéale est entre 60 et 120 microgrammes par jour. La constance est plus importante que la quantité.

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Recommandé : 60 à 120 µg

Prendre du warfarine ne signifie pas qu’il faut arrêter de manger des légumes verts. C’est une idée fausse qui a duré des années. Ce n’est pas la quantité de vitamine K qui pose problème, mais son variabilité. Si vous mangez une grande salade le lundi, puis rien du tout jusqu’au vendredi, votre INR va flotter comme un bateau sans ancre. Et quand l’INR est instable, vous risquez soit un caillot sanguin, soit une hémorragie. La bonne nouvelle ? Il existe une solution simple, efficace, et surtout, pas si compliquée.

Comment le warfarine fonctionne vraiment

Le warfarine, aussi connu sous les noms Coumadin ou Jantoven, agit comme un frein sur la fabrication des protéines qui font coaguler le sang. Il bloque une enzyme appelée VKORC1, qui elle-même est nécessaire pour réactiver la vitamine K. Sans cette réactivation, les facteurs de coagulation (II, VII, IX, X) ne peuvent pas se former correctement. Résultat ? Le sang met plus de temps à coaguler. C’est ce qu’on veut quand on a une fibrillation auriculaire, un caillot dans la jambe, ou une valve cardiaque mécanique.

Mais la vitamine K, elle, fait exactement l’inverse. Elle réactive ces mêmes facteurs de coagulation. Donc, si vous mangez beaucoup de vitamine K un jour, vous contrebalancez partiellement l’effet du warfarine. Si vous en mangez peu le lendemain, l’effet du médicament devient trop fort. C’est ce déséquilibre qui fait monter ou descendre l’INR sans raison apparente.

Qu’est-ce que l’INR, et pourquoi ça compte

L’INR, ou Rapport Normalisé International, c’est le chiffre que votre médecin ou votre pharmacien regarde chaque semaine ou chaque mois pour savoir si vous êtes bien dans la zone de sécurité. Pour la plupart des gens, la cible est entre 2,0 et 3,0. Pour ceux avec une valve cardiaque mécanique, ça peut aller jusqu’à 2,5-3,5. En deçà de 2,0, le risque de caillot augmente. Au-delà de 4,0, le risque de saignement devient sérieux.

Une étude publiée dans Thrombosis and Haemostasis en 2019 a montré que les patients dont l’apport en vitamine K changeait beaucoup avaient 2,3 fois plus de chances de voir leur INR sortir de la cible. C’est une donnée clé. Ce n’est pas le nombre de légumes qui compte - c’est la régularité.

La vérité sur la vitamine K : pas de régime, mais de la constance

On a longtemps dit aux patients de fuir les épinards, le brocoli, le chou kale. C’était une erreur. Les grandes organisations médicales - l’American Heart Association, l’American College of Chest Physicians, l’Anticoagulation Forum - ont toutes changé d’avis. Depuis 2021, les recommandations sont claires : ne restreignez pas la vitamine K. Maintenez-la constante.

Pourquoi ? Parce que restreindre la vitamine K peut causer un déficit. Un déficit en vitamine K, c’est comme un moteur qui manque d’huile : les protéines de coagulation ne sont pas bien activées, mais d’autres protéines (comme l’ostéocalcine, utile pour les os) le sont encore moins. Résultat ? L’INR devient plus instable, pas moins.

La bonne cible ? Entre 60 et 120 microgrammes par jour. C’est tout. Pas besoin de compter chaque microgramme. Mais il faut que ça reste à peu près le même chaque jour. Un peu plus un jour, un peu moins le lendemain - ça va. Mais un jour 20 µg, le lendemain 500 µg ? Non.

Quels aliments contiennent de la vitamine K ?

La vitamine K1, la plus courante dans l’alimentation, vient surtout des légumes feuillus. Voici quelques exemples concrets :

  • 1 tasse d’épinards cuits : 889 µg
  • 1 tasse de kale cru : 547 µg
  • 1 tasse de brocoli cuit : 220 µg
  • 1 tasse de chou frisé : 180 µg
  • 1 œuf brouillé : environ 20 µg
  • 100 g de poulet : 2 µg
  • 1 cuillère à soupe d’huile de soja : 15 µg
Ce n’est pas une liste d’aliments à éviter. C’est une liste pour vous aider à équilibrer vos repas. Si vous aimez les épinards, mangez-les. Mais mangez-les tous les deux jours, pas seulement un jour sur deux.

Deux tasses de légumes verts alignées sur un calendrier, avec un graphique INR qui se stabilise.

Comment rendre votre apport prévisible ?

La clé, c’est la prévisibilité. Voici comment y arriver :

  1. Choisissez 2 à 3 aliments riches en vitamine K que vous aimez (épinards, brocoli, chou kale).
  2. Fixez un jour pour en manger - par exemple, mardi et vendredi.
  3. Utilisez une tasse à mesurer. Ne vous fiez pas à l’œil. Une étude a montré que la simple estimation visuelle augmente la variabilité de l’apport de 45 %.
  4. Consommez la même quantité chaque fois : 1 tasse cuite, ou 1,5 tasse crue.
  5. Ne changez pas votre routine pendant les 4 à 6 premières semaines. C’est le temps nécessaire pour que votre corps s’adapte et que votre dose de warfarine soit bien ajustée.
Certains patients utilisent des applications comme Warframate, qui contient une base de données de plus de 1 200 aliments avec leur teneur en vitamine K. C’est utile pour les déplacements, les repas chez des amis, ou quand vous dînez au restaurant.

Les erreurs courantes - et comment les éviter

Voici ce que les patients font souvent - et pourquoi ça ne marche pas :

  • “Je ne mange plus de légumes verts.” → Cela augmente la variabilité de l’INR, car votre corps manque de vitamine K régulièrement, ce qui rend le warfarine trop puissant.
  • “Je prends un supplément de vitamine K pour stabiliser.” → C’est dangereux sans supervision médicale. Un supplément de 150 µg par jour a été montré efficace dans une étude, mais seulement quand il est pris de façon constante - et avec suivi médical.
  • “Je change d’alimentation pour une cure detox.” → Les régimes à base de jus de légumes ou de smoothies verts peuvent envoyer votre INR en vrille en 48 heures.
  • “Je ne dis rien à mon pharmacien quand je change de régime.” → Même un changement mineur (comme passer du riz blanc au quinoa) peut avoir un impact. Parlez-en toujours.

La génétique joue aussi - mais pas comme vous le pensez

Certains patients ont des variantes génétiques (CYP2C9, VKORC1) qui les rendent plus sensibles au warfarine. Pour eux, même une petite variation de vitamine K peut avoir un grand effet. Mais ce n’est pas une excuse pour ne rien faire. Au contraire. Si vous savez que vous avez un gène sensible, vous devez être encore plus rigoureux sur la constance.

Une étude de 2023 a montré que les porteurs de variantes VKORC1 devaient maintenir une variation quotidienne de vitamine K à moins de 10 % pour rester stables. Ceux sans variantes pouvaient tolérer jusqu’à 25 %. Cela ne veut pas dire que vous devez faire un test génétique. Mais si votre INR reste instable malgré une bonne alimentation, parlez-en à votre médecin. Il pourrait demander une analyse génétique.

Routine alimentaire quotidienne avec portions mesurées de vitamine K, symbolisant la constance.

Des résultats réels - des patients qui ont changé leur routine

Sur le forum de la Stop The Clot Foundation, un patient a écrit : “Mon INR oscillait entre 1,5 et 5,0. J’ai commencé à manger exactement 1 tasse de légumes verts mélangés le mardi et le jeudi. En 3 semaines, mon INR est passé à 2,4, 2,6, 2,3 - stable. J’ai arrêté de stresser.”

Une étude menée par la Mayo Clinic a montré que les patients suivis par un pharmacien spécialisé en anticoagulation atteignaient 82 % de temps dans la cible. Ceux avec un suivi standard, seulement 63 %. La différence ? Un accompagnement personnalisé, avec des conseils concrets sur la nourriture.

Que faire si votre INR est hors cible ?

Si votre INR est trop bas (moins de 2,0) :

  • Regardez votre alimentation des 3 derniers jours : avez-vous mangé plus de légumes verts que d’habitude ?
  • Est-ce que vous avez pris un nouveau médicament ? Certains antibiotiques, anti-inflammatoires ou compléments peuvent interférer.
  • Ne changez pas votre dose de warfarine vous-même. Appelez votre pharmacien ou votre médecin.
Si votre INR est trop haut (plus de 3,5) :

  • Vous avez peut-être mangé moins de vitamine K ces derniers jours.
  • Vous avez peut-être bu plus d’alcool.
  • Vous avez peut-être sauté un repas ou perdu de la masse musculaire.
  • Encore une fois : ne modifiez pas votre dose. Consultez.

Le mot de la fin : la constance, pas la restriction

Le warfarine n’est pas un médicament qui demande de vivre dans un monde sans légumes. Il demande de vivre dans un monde prévisible. Mangez vos épinards. Mangez votre brocoli. Mangez votre kale. Mais faites-le de la même manière, à peu près tous les jours. C’est ça, la clé. Pas la quantité. Pas la privation. La constance.

Les études le prouvent : une alimentation constante en vitamine K augmente le temps passé dans la cible INR de près de 15 %. Et chaque 10 % de plus dans la cible, c’est 15 % de risque en moins d’être hospitalisé pour un caillot ou un saignement.

Vous n’avez pas besoin d’être parfait. Vous avez besoin d’être régulier. Et c’est quelque chose que vous pouvez faire - dès aujourd’hui.

Dois-je arrêter de manger les légumes verts si je prends du warfarine ?

Non. Vous n’avez pas à les arrêter. Au contraire, les légumes verts sont sains. Ce qui compte, c’est la régularité. Mangez-les tous les jours, ou deux fois par semaine, mais toujours la même quantité. Cela permet à votre corps de s’adapter, et à votre dose de warfarine de rester stable.

Quelle est la bonne quantité de vitamine K par jour ?

La recommandation générale est de consommer entre 60 et 120 microgrammes par jour. Cela équivaut à environ une tasse de légumes feuillus cuits, ou deux tasses crues, répartis sur la semaine. L’important n’est pas d’atteindre exactement cette valeur chaque jour, mais de ne pas faire de pics ou de creux importants.

Les suppléments de vitamine K peuvent-ils aider à stabiliser l’INR ?

Oui, mais seulement sous surveillance médicale. Une étude a montré qu’un supplément de 150 µg par jour a augmenté le temps dans la cible INR. Mais si vous le prenez de façon irrégulière, ça peut avoir l’effet inverse. Ne commencez jamais un supplément sans en parler à votre médecin ou pharmacien.

Pourquoi mon INR change-t-il même si je mange la même chose ?

Plusieurs facteurs peuvent influencer l’INR : des médicaments nouveaux, une infection, un changement de poids, une consommation d’alcool, ou même un stress intense. La vitamine K est un facteur majeur, mais pas le seul. Si votre INR est instable malgré une alimentation constante, parlez-en à votre équipe médicale. Il peut y avoir une autre cause.

Les applications de suivi alimentaire sont-elles fiables pour la vitamine K ?

Certaines le sont, d’autres non. Utilisez des applications comme Warframate, qui utilisent les données de la base USDA FoodData Central. Évitez les apps génériques qui ne distinguent pas les formes de vitamine K. Et surtout, ne vous fiez pas à l’estimation visuelle - utilisez toujours une tasse à mesurer pour les légumes feuillus.